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House of Jazz

2060 Rue Aylmer
Montreal, QC
H3A 2E3
(438) 800-3547
Rating:
4.5
 
 
 
 
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Montreal's landmark of entertainment, cuisine & history is under one roof at The House of Jazz. Built by French Montrealer, Georges Durst, House of Jazz has been home to Canada's finest Jazz musicians since 1981.

Take a tour of the House of Jazz & discover many facets of our entertainment haven. Find out who is playing at the House of Jazz. We hope to see & serve you soon.

Rue Sherbrooke O / Rue Aylmer
Terrace / Patio, WiFi
$$$ : Moderate to High
Dressy Casual
Cozy

Le roi Georges
Publié le dimanche 04 novembre 2012 par Olivier Pierson

La vie de Georges Durst ressemble à un conte de fée. L’histoire d’un Alsacien arrivé sur le sol canadien à 22 ans, et qui, grâce à son tempérament et un sens des affaires hors du commun, gravira une à une les marches du Temple de la vie nocturne montréalaise. Son petit joyau, la Maison du Jazz, est son dernier projet, mais aussi le plus affectif. Nous avons rencontré celui qu’on surnomma un jour « le roi des discothèques ».

Un lundi à Montréal, durant le long week-end de l’Action de grâce. J’ai rendez-vous avec une éminence de la nuit montréalaise, dont le nom est intimement lié à la Maison du Jazz de la rue Aylmer. Georges Durst m’a convié à 10 heures pour papoter de sa vie, son œuvre, son parcours. Le CV est long comme deux bras. Les lieux sont étrangement calmes en ce jour férié où la métropole bâille aux corneilles. Devant l’entrée des bureaux de la Maison du Jazz, un coupé Mercedes. Une voiture racée pour un destin d’une rare intensité. Mon rendez-vous n’a jamais fait les choses à moitié. Un battant, un visionnaire pour les uns, un compagnon de voyage éreintant pour ceux qui ont emboîté sa marche tonique. Pour paraphraser Orson Welles, disons que ses objectifs ont toujours visé la Lune, avec, en cas d’échec, l’assurance d’atterrir dans les étoiles. Sa vie ? Un conte de fée écrit à la force du poignet, avec ce sens des affaires inné qui forgera sa réputation dans le monde du divertissement.

Gestionnaire, pas fêtard

10 heures. Je suis ponctuel... mais la porte est close. Mince. Je sonne. Une fois, puis deux. Une voix me répond à l’interphone. C’est lui. Il arrive d’un pas assuré, dans son costume gris. Le regard est froid, le cheveu blanc, mais on sent poindre la chaleur chez cet homme solide comme le roc malgré ses 77 ans. Un homme qui, pour recharger les accus, s’astreint depuis de nombreuses années à des cures monacales dans une maison de repos à Val-Alain, dans la région de Chaudière-Appalaches. Durant une semaine, ses repas se résument à de l’eau et du thé. Une semaine à contempler le plafond de sa chambre dans un lit minuscule en comparaison de sa carrière XXL. « Je reste enfermé 23h sur 24, il n’y a rien de tel pour remettre les idées en place. Quand je repars, je suis gonflé à bloc », me confiera-t-il au cours de notre entretien. Des idées, Georges Durst en a eu, beaucoup. Dans les années 70, il a régné sur le monde enfiévré des boîtes de nuit, créant une vingtaine d’établissements. On le surnommait d’ailleurs « le roi des discothèques ». Pourtant, lui n’était pas du genre à se trémousser sur la piste. Ce passionné d’art met l’emphase sur son rôle de gestionnaire, répétant à l’envi qu’il préfère donner du plaisir aux gens. L’extravagant Mister Durst a façonné des ambiances qui sont restées dans la mémoire des noctambules, en s’appuyant sur des décors aussi sophistiqués que culottés, où un guépard surgissait parfois entre deux clients. Car ce précurseur est aussi un amateur de fauves. Guépard, tigre, cougar, et même des lions, ont, à un moment ou un autre, partagé son existence. De drôles de compagnons qu’il promenait parfois sur le Mont-Royal. Excentrique vous avez dit ? Son recours à l’astrologie, pour dresser le profil de futurs associés ou même d’employés, ont aussi alimenté ce sentiment. Mais il a le mérite de ne rien cacher.

Le roi et les stars

En pénétrant dans ses bureaux, qui servent aussi d’entrepôts à tout un tas d’objets, ramenés, entre autres, de ses voyages à travers le monde, on est saisi par l’ambiance qui imprègne ce quartier général. Ici, la propension à entasser du roi Georges prend tout son sens. « J’aime acheter, mais je n’aime pas vendre ! », admet-il. Son incursion dans l’industrie du cinéma, à l’époque où il dirigeait une entreprise de location d’accessoires, n’a fait qu’accroître le volume de ce bric-à-brac propice à l’imagination. Cette grande malle à souvenirs n’a jamais dérangé son propriétaire, qui s’y sent plutôt à son aise. « Regardez mon bureau, c’est le bordel complet, mais c’est mon bordel », sourit-il. Une cuisine a même été aménagée sur place. Dans une autre pièce, destinée aux réunions d’affaires, l’atmosphère est tout aussi bondée de mobilier. On se croirait dans un musée.

Dans son carré intime, impossible de ne pas voir toutes ces photos de célébrités, mais aussi celles, plus personnelles, qui tapissent les murs. La vie du « plus vieux cabaretier de Montréal », comme en témoignent ses 45 années de service, s’y étale. Dans les couloirs, même topo. Du gratin partout : Liza Minnelli, Omar Sharif, Sting, Eartha Kitt, Sergio Leone... mais aussi quelques figures de la politique canadienne et du sport québécois. Charles Aznavour, absent de cette litanie étoilée, était aussi un fidèle de l’univers durstien. Parmi les curiosités, un vieux cliché de Georges Durst, âgé de 27 ans, lorsqu’il était barman au restaurant Troïka, sur la rue Crescent. D’imposants tableaux attirent aussi le regard. Ils sont signés de sa fille unique, Adrienne, adepte du coup de pinceau quand elle n’est pas psychologue.

Magnat des boîtes de nuit

Homme d’affaires accompli, l’Alsacien né à Haguenau a gravi les échelons un à un. Il a gardé des attaches avec sa région natale, où il se rend chaque année dès qu’il en a le temps. Sa vie, c’est l’histoire d’un immigrant de 22 ans qui débarque en Nouvelle-Écosse, en 1957. Ses poches sont vides et il a quitté la France, statut de déserteur de l’armée française tatoué sur sa précarité. « Je ne voulais pas faire la guerre d’Algérie, c’était une guerre stupide... » L’affaire se règlera devant la justice de son pays treize ans plus tard. Son arrivée à Halifax n’est pas très conviviale. N’ayant pas les 300 dollars demandés aux immigrants pour poser le pied au Canada, il passe par la case prison. Son diplôme d’ingénieur forestier limite la casse, emploi à la clé dans une multinationale du Nouveau-Brunswick. L’expérience tourne court, à la suite d’une mise à pied massive. Un signe du destin ? Toujours est-il que sa vie va prendre un nouveau tournant. Car si le père était banquier, le fils va faire fructifier son expatriation sur l’autel du divertissement.

Direction Montréal. Son sens des affaires se manifeste une première fois alors qu’il est bagagiste dans un petit hôtel de Saint-Donat, au nord de la ville. Pour arrondir ses fins de mois, il achète un cheval et offre des tours en calèche la nuit aux clients de l’établissement qui veulent conjurer l’ennui. « La promenade était gratuite pour se rendre au point B, mais pour revenir au point A, il fallait payer. » La suite, c’est son job de barman au restaurant Troïka, où il commence à créer des ambiances et à divertir la clientèle. Le mot « ambiance » deviendra vite un leitmotiv chez lui. Et puis l’ère du nightlife arrive, dans les années 70. Il crée avec un associé le Don Juan, la première boîte de nuit anglophone à Montréal. D’autres succès retentiront sous les boules à facettes, ayant pour nom Maxwell, Tiffany, Biddle’s Jazz and Ribs ou encore Les Serres. Le roi a désormais une couronne. Les journaux s’emparent du phénomène, tandis que la clientèle afflue dans ses restaurants, discothèques et cabarets branchés.

L’effet Cage aux Sports

Une décennie plus tard, il change de registre. Il se sépare de toutes ses discothèques, sauf une, le Biddle’s Jazz and Ribs, qui deviendra plus tard la Maison du Jazz, où il rassemble tous ses souvenirs. Il lance un nouveau concept de resto-bar sportif, incontournable aujourd’hui dans le paysage québécois. Son nom : la Cage aux Sports. La première verra le jour dans le Vieux-Montréal, en 1984. Le projet connaît une ascension fulgurante, grâce notamment à un réseau de franchises. L’entreprise Sportscène, qui chapeaute ces restaurants, sera la première du genre à entrer à la Bourse de Montréal. Fidèle à sa réputation, Georges Durst met les bouchées doubles sur la forme. Écrans géants, accessoires de sports, carcasse d’avion suspendue au-dessus du bar (ce qui deviendra une marque de commerce), l’amateur en prend plein la vue. Cette réussite est d’autant plus insolente que le sport et Durst sont loin d’être des amis de longue date ! Prenez le hockey. « Je suis allé une fois à une game au Forum, et je ne suis resté qu’une période ! », confesse-t-il avec un air amusé. Et au Centre Bell ? « J’y suis allé à l’ouverture, c’est tout. » Un peu léger pour alimenter un débat de fans devant des bières et des pizzas... Seul hic dans cette embellie : les deux Cages aux Sports de l’Ontario ont mis la clé sous la porte... victimes de leur nom trop québécois ! C’est ce qu’il déclare à l’époque à un journaliste. « On n’accepte pas le français. Si ça vient du Québec, ce n’est pas bon. » Le fondateur finira par céder le contrôle de Sportscène à un jeune entrepreneur. Il laisse entendre que la lassitude avait fini par le gagner : « Quand le côté créatif disparaît et que ça devient uniquement un travail, c’est beaucoup moins plaisant. » En dix ans, il construira 43 Cages aux Sports, ce qui lui vaudra notamment le titre, en 1987, de Meilleur créateur d’emplois au Canada.

« Sa » Maison du Jazz

Dans son panthéon de la fierté, la Maison du Jazz occupe une place à part. Après bien des métamorphoses, elle s’est trouvée une âme. On apprécie autant son ambiance chaleureuse et bigarrée que la richesse de la programmation musicale, sans oublier ses soirées déguisées, chaque premier mardi du mois, qui donnent à cette adresse incontournable des airs de Nouvelle Orléans. On dit aussi, en feignant le secret, que les plus grandes stars viennent s’y réfugier durant le Festival international de jazz. Chose certaine, sa déco soignée et audacieuse continue de susciter l’enthousiasme, comme le prouve son plafond-vitrail, petit chef-d’œuvre créé en 2006. Il y a aussi ce chandelier majestueux, qui est vite devenu le symbole de l’établissement, au même titre que l’avion de la Cage aux Sports. Georges Durst rêve désormais d’implanter ce concept aux quatre coins de la planète. C’est son ultime défi, son dernier projet. Plus proche du Québec, des pourparlers ont été engagés pour ouvrir une franchise à Toronto. « Je vais mourir avec elle », glisse-t-il sur un ton un peu badin. Le plus tard sera évidemment le mieux. Il pense à son père, décédé il y a deux ans, à l’âge de 100 ans. « Ça me laisse de la marge, j’ai encore 24 ans à tirer pour le battre ! » La retraite ? Il la fuit comme la peste. « Non, non, non », répète-t-il quand on évoque cette possibilité. Bref, le travail, c’est sa santé. Sa seule hantise : la maladie. « Je préférerais une bonne crise cardiaque.»

En 2018, cela fera 50 ans qu’il dirige le 2060 Aylmer. Un demi-siècle à la barre du divertissement. Qui sait si ce jour-là, pour célébrer ces noces d’or, le roi des discothèques ne fera pas quelques petits pas de danse...

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Contest Rules : To participate in the House of Jazz contest you will need to sign up as a House of Jazz VIP Member.
* One winner will be drawn each month and notified by email.

1 Review

"superb decor"
What a nice place for a live band show. For jazz lovers . a beautiful place.
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    • Food: 
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    • Atmosphere: 
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    • Services: 
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    • Value: 
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By bill

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